Une petite histoire de la 52e finale des jeux du Québec à Alma

C’est l’histoire de deux coachs et de deux boxeuses affiliés à deux clubs de boxe différents, le tout dans une ambiance festive, mais de compétition; la 52e finale des jeux du Québec.

La première boxeuse, agé de 15 ans, vient de Gaspé et se nomme Magalie Dunn. Elle est accompagnée de son coach Dany Pipon et de sa mère Rachel Fournier. Après avoir fait du karaté pendant quelques années, elle décide de changer de direction et tente sa chance à la boxe. Magalie est une boxeuse très talentueuse, mais elle est timide et hésite parfois à prendre la place qui lui revient. Après un début de carrière amateur difficile, son entraineur continue de l’encourager et de la motiver, il insiste même pour qu’elle tente sa chance lors des jeux du Québec, le seul bémol Magalie doit perdre une quinzaine de livres en 6 semaines. L’instinct de Dany Pipon était bon, Magalie redouble d’efforts à l’entrainement ce qui améliore grandement ses capacités athlétiques et physiques. Les efforts sont payants, elle réussit à faire le poids et réussit à se qualifier pour les jeux.

La deuxième boxeuse, originaire de Rimouski, se nomme Élise Pitre. Elle a participé aux jeux du Québec cet été en vélo de montagne et elle a adoré son expérience. Lorsqu’elle est entrée au club de boxe en septembre pour son sport-étude en boxe, elle n’avait qu’un seul objectif en tête, y retourner, mais en boxe. Je suis son coach et me nomme Jean-Francois Chiasson. Je lui ai dit que j’allais l’aider à atteindre son objectif, mais qu’elle allait devoir travailler très fort, vraiment très fort. J’ai toujours considéré Élise comme une bonne boxeuse, mais parfois à cet âge la motivation est difficile. Cependant, cette fois, j’ai compris que c’était du sérieux, lorsque je l’ai vu au quotidien repousser ses limites les gants de boxe au poing et la sueur sur son front. Juste avant sa sélection pour la finale des jeux du Québec, elle s’est même permis de remporter au passage la médaille d’or au gant d’argent.  Tout allait pour le mieux, sauf qu’une soudaine poussée de croissance est venue bouleverser notre préparation. À deux semaines des jeux, le constat est simple, Élise ne parviendra jamais à faire la pesée. La décision était difficile à prendre, abdiquer ou changer de catégorie. Sauf que pour Élise il était hors de question d’abandonner, alors nous prenons le risque de monter de catégorie. Élise est consciente que le risque est plus grand, ses adversaires auront une douzaine de livres de plus au bout de leurs gants.

Direction Alma pour la 52e finale des jeux du Québec. C’est dans l’autobus que les boxeuses font connaissance et que je rencontre Dany Pipon, un entraineur que je respecte énormément. Les deux filles se découvrent rapidement des liens d’amitié et l’ambiance est à la fête. On développe rapidement des liens intéressants. Tout va tellement bien que les deux filles remportent leur premier combat. Cependant avec la victoire vient le constat que les deux filles vont devoir s’affronter en grande finale et beaucoup d’émotions contradictoires affluent. Les filles sont là pour gagner, mais elles ne veulent pas s’affronter. Le travail en gymnase est derrière nous, pour l’heure il ne reste qu’à peaufiner les dernières stratégies et de maintenir l’objectif en tête des boxeuses. Cependant, le désir de vaincre vient de vaciller légèrement pour les deux nouvelles amies et représentantes de l’est du Québec. Dany et moi avons du pain sur la planche dans ce domaine. Les filles s’affrontent finalement en finale deux jours plus tard après avoir passé deux journées complètement folles à faire des entrevues et à renforcer nos nouvelles amitiés. Finalement, Élise remporte l’or sur Magalie dans un combat chaudement disputé et fortement médiatisé.

Ce qu’il faut retenir dans cette histoire c’est que, même si la boxe est un sport de combat, même si les filles ont dû se frapper l’une l’autre, elles ont su développer une magnifique relation d’amitié. Une relation qu’un combat de boxe n’a même jamais passée proche de briser. Il faut retenir que les deux coachs, pourtant de club différent, avec un parcours différent, ont su apprendre à travailler ensemble pour mener leurs boxeuses en finale. Ensuite, dans le plus grand respect ils ont laissé, l’instant d’un combat, leurs nouvelles amitiés de côté pour s’affronter. Même s’il s’agit de la boxe, un sport de combat, il existe beaucoup de respect et de saine compétition entre certains clubs. Il est possible malgré tout cela de développer des relations profitables et durables pour tous.

Je tiens à dire un gros merci à Rachel Fournier pour ton aide et ton soutien lors de la semaine, à Dany Pipon pour le profond respect que tu voues à ton sport, ainsi qu’à Magalie Dunn pour la fraicheur que tu apportes à la boxe. Puis en terminant, je tiens à remercier Élise Pitre pour ta confiance et pour les larmes que tu m’as fait verser à Alma.

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